Interview avec Daniel Knauf, créateur, producteur exécutif et scénariste de Carnivàle.

 

Combien de temps a passé entre les deux saisons?

D. Knauf : On reprend l'histoire précisément où on l'avait laissée. En fait, on revient quelques secondes en arrière pour revenir au moment où Justin sent la résurrection de Ruthie.

Avez-vous été surpris par la réaction des fans, la saison dernière?

D.K. : Par le fait qu'ils voulaient vraiment regarder activement la série. Carnivàle est faite de plusieurs niveaux de lecture et requiert l'attention totale du spectateur. Les fans ont non seulement été très attentifs, mais ils ont aussi apprécié la narration.

Quelles leçons de la Saison 1 avez-vous répercuté sur la Saison 2?

D.K. : Carnivàle est une histoire qui ne montre que la partie émergée de l'iceberg. Nous avons une mythologie détaillée, pleinement développée, des backgrounds de chaque personnage, et on utilise cela comme une fondation plutôt que comme une partie visible de la structure de la série. On a appris à laisser des détails de côté pour les laisser refaire surface au bon moment, à laisser la série se développer de manière organique, sans donner une impression d'artificialité.

Dans la Saison 1, on apprenait encore à écrire la série. On a vraiment assimilé ça à partir de l'épisode 8. On a parfois trébuché, été un peu confus, plutôt que mystérieux. Je suis content que les fans se soient accrochés.

La saison 2 peut-elle être regardée par ceux qui ont raté la première?

D.K. : Je pense que vous pouvez la regarder telle quelle et y prendre du plaisir, mais je ne pense pas que vous aurez une perception de sa profndeur comme si vous aviez vu la première saison. On a fait un résumé efficace, et je pense qu'il est utile, mais ce n'est pas le même chose que de regarder la saison complète.

Y a-t-il les mêmes thèmes dans la Saison 2?

D.K. : Le thème de la première saison était la découverte. Ben Hawkins et Frère Justin découvraient qui ils étaient. Tous deux sont réticents. Tous deux sont assez horrifiés. Tous deux nient leur rôle. Mais finalement, ils apprennent à s'y faire, sinon à l'accepter.

La deuxième saison traite de l'engagement. Je pourais en dire plus, mais je ne veux rien gâcher.

Quel était votre plus grosse difficulté cette saison?

D.K. : L'année dernière, c'était Ron Moore qui dirigeait les choses. Cette année, c'était moi. Les scénaristes sont très bons. Chacun a écrit et développe sa propre partie. Les avantages sont évidents - chacun sait comment écrire, et le fait bien.

La difficulté est de parvenir à monter un groupe de cinq personnes très impliquées, interdépendants, qui fonctionnent comme une équipe, se font confiance, et vont dans une même direction.

Finalement, j'y suis parvenu. Mon approche a été d'encourager les ouvertures, ainsi que les échanges créatifs. On lisait et annotait chacun les scénarios des autres.

Plus important encore, après que j'ai fait mes modifications, je discutait aevc le scénariste d'origine des changements que j'avais apportés. Chacun avait une chance de défendre ses choix - une dernière chance. Parfois ils me faisaient changer d'avis et je revenais à leur version initiale. Parfois non. Le plus souvent, ce qu'on retravaillait ensemble était meilleur que nos choix individuels.

Pouvez-vous nous donner des pistes sur les développements de l'intrigue de cette saison?

D.K. : Attendez l'imprévisible. Et gardez les yeux ouverts.

Est-ce que le compte à rebours de l'Armageddon continue?

D.K. : Mon cher, le décompte ne s'arrête jamais.

Qu'est-ce qui vous plait le plus dans votre travail sur Carnivàle?

J'aime mes scénaristes. Bill Schmidt, Dawn Prestwich et Nicole Yorkin, Tracy Torme et John McLaughlin. Ca a été une équipe extraordinaire. Ce qu'ils ont fait était vraiment brillant.

 

Source : The Road to Babylon

Traduction : Carnivale-fr.com.